Bulle et Baluchon - Centre de prévention de la violence contre les enfants

VOICI DES PISTES DE RÉPONSES AUX QUESTIONS QUI NOUS SONT FRÉQUEMMENT POSÉ

N'hésitez pas à communiquer avec nous si vous avez besoin de plus amples informations.


Mon enfant de 4 ans se masturbe, est-ce normal?
On peut observer la manipulation des organes génitaux très tôt dans la vie des enfants (0-15 mois). La masturbation fait partie du développement normal de l'enfant lorsque ce comportement est en lien avec la découverte de son corps. La masturbation peut être un moyen pour l'enfant de se détendre, d'évacuer le stress. Si, toutefois, vous constatez que la masturbation est compulsive et répétitive, nous vous suggérons de consulter un professionnel car peut-être que votre enfant vit des difficultés qui demandent une intervention plus poussée.
Jusqu’à quel âge les enfants peuvent-ils prendre leur bain ensemble?
Il n'y a pas d'âge précis. Par contre, si l'un d'eux n'est plus à l'aise, il faut lui permettre d'avoir son intimité lors du bain.
Jusqu’à quel âge les enfants peuvent-ils dormir avec leur(s) parent(s)?
Encore une fois, il n'y a pas d'âge précis, les spécialistes ne s'entendent pas tous à ce sujet. Il faut savoir que si l'enfant dort avec ses parents (ou un seul des parents), il faut que ce soit circonstanciel, par exemple, pour consoler d'un cauchemar, parce qu'il y a un gros orage dehors, etc. L'enfant comprend alors qu'il s'agit d'une exception et qu'il a son lit à lui. Attention, l'enfant qui dort régulièrement avec ses parents (ou son parent) peut vivre un certain deuil/rejet lorsqu'il doit retourner dans son lit. Les parents ont besoin d'avoir de l'intimité. Ils doivent l'apprendre à leurs enfants en des mots simples.
Comment intervenir si mon enfant est victime d’intimidation ?
Malheureusement il n'y a pas de recette miracle pour résoudre une telle problématique. L'intervention varie d'une situation à l'autre et peut nécessiter beaucoup de temps et d'énergie. Nous vous suggérons tout d'abord de collaborer avec le professeur de votre enfant ou la direction de l'école afin de trouver une façon de régler cette situation. Les enfants victimes d'intimidation ont souvent un manque de confiance en eux, alors en tant qu'adulte nous devons les valoriser, les aider à retrouver cette confiance. Cela les aidera à aller chercher de l'aide au besoin.
Est-ce que je dois signaler au Centre Jeunesse si je pense que mon ancien conjoint est violent envers notre enfant?
Avant de faire une intervention qui pourrait être inadéquate, appelez au Centre Jeunesse afin d'être conseillé. Il faut savoir que toute personne ayant un doute que la sécurité ou le développement d'un enfant est compromis est tenue de signaler au Centre Jeunesse dans les plus brefs délais. Il est important de noter les comportements et paroles de l'enfant qui vous font croire que celui-ci est potentiellement victime de violence. Si vous avez des questions à poser à votre enfant en lien avec vos doutes, faites attention pour ne pas poser de questions fermées, c'est-à-dire des questions qui se répondent par « oui » ou par « non » ou encore des questions suggestives qui pourraient induire des réponses. Voici un exemple de question à éviter : « Est-ce que ton père te frappe?» Poser une question fermée ou suggestive pourrait influencer la réponse de l'enfant et ainsi nuire au processus d'aide dont il pourrait avoir besoin.
Mon petit-fils semble craintif et ne pas vouloir retourner chez lui suite à une fin de semaine avec moi. Est-ce qu’il est possible qu’il vive de la violence chez lui?
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles un enfant voudrait rester chez ses grands-parents. Il ne faut pas nécessairement s'alarmer mais garder les yeux ouverts. D'abord, avez-vous demandé à l'enfant pourquoi il semble ne pas avoir envie de partir? Avez-vous observé d'autres changements dans le comportement de votre petit-fils?
Un élève de ma classe est témoin de violence conjugale, que faire?
Si l'enfant est témoin de violence conjugale, vous devez signaler la situation au Centre Jeunesse car cela nuit à son développement. D'autre part, l'enfant aura peut-être besoin d'un soutien particulier pour l'aider dans cette épreuve. En tant qu'adulte significatif pour l'enfant, nous vous suggérons de demeurer à l'écoute et de faire savoir à l'enfant que vous êtes là s'il a besoin de parler.
Un enfant de 3 ans s’adonne à des jeux sexuels que faire, comment réagir?
Ces comportements sont questionnants, vous avez raison, mais plusieurs facteurs peuvent les expliquer. À 3 ans, s'adonner à des jeux sexuels c'est normal, mais cela dépend du type de jeux. Lorsque l'enfant a des comportements sexuels qui ne font pas partie de son développement normal, il faut se demander si l'enfant est exposé à une sexualité adulte, s'il a vécu ce type de jeux ou encore s'il a été forcé de faire ce type de chose sur quelqu'un d'autre. Lorsqu'on ne peut pas savoir ce qui s'est passé, on se doit de protéger l'enfant en téléphonant au Centre Jeunesse. Si on surprend l'enfant avec un comportement inquiétant, on peut lui demander calmement ce qu'il est en train de faire sans oublier de poser des questions qui ne sont pas suggestives. On ne doit pas faire en sorte que l'enfant se sente coupable lorsque l'on intervient.
Je me rends compte que mon enfant perd de plus en plus ses choses (vêtements, lunch). Ai-je raison de croire que mon enfant vit du « taxage »?
En effet, le fait de perdre souvent des objets personnels peut être un indice que votre enfant se fait taxer. Nous vous suggérons d'aborder ce sujet avec votre enfant et de lui faire part de vos inquiétudes. Il est important de noter que le taxage est un comportement criminel que l'on ne doit pas tolérer, et ce, même si les objets que l'on prend à votre enfant ne sont pas nécessairement d'une grande valeur.
J’ai remarqué qu’un élève de la classe agit différemment. Il est plus agité, fait mal aux autres élèves, a de la difficulté à se concentrer. Que puis-je faire pour susciter les confidences?
Les changements remarqués chez cet élève peuvent démontrer que celui-ci vit un stress. Vous pouvez dire à l'enfant que vous avez remarqué qu'il agit différemment et que vous vous inquiétez pour lui. Vous pouvez lui demander comment il va. Comment cela ce passe à la maison, à l'école? Vous pouvez lui proposer votre aide et lui dire que vous êtes là pour lui, qu'il peut venir vous voir quand il ne va pas bien. C'est certain que vous devez dire à l'enfant qu'il ne faut pas faire mal aux autres, qu'il y a des conséquences à agir ainsi, mais il faut aller plus loin que simplement réprimander l'enfant. Il faut garder l'œil ouvert et prendre en note les changements comportementaux remarqués au cas où vous auriez besoin de signaler.
Depuis quelques temps, mon enfant s’enferme dans la salle de bain quand il prend son bain, il m’interdit d’entrer. Pourquoi il agit ainsi, est-ce normal?
Oui, cela est normal. Vers 5 ans, les enfants peuvent devenir plus pudiques et avoir besoin davantage d'intimité. En tant qu'adulte, il est de notre devoir de respecter le besoin d'intimité de l'enfant. Ce besoin fait partie de son développement normal. Si l'adulte ne respecte pas l'enfant dans son intimité, celui-ci comprend que n'importe qui peut envahir son espace personnel. Donc, il pourrait être plus à risque aux situations de violence.
Un enfant dans mon groupe a déjà vécu de la violence sexuelle et je suis mal à l’aise avec le sujet. S’il me pose des questions, que devrais-je faire?
L'important est de rester honnête envers vous-même et de respecter vos propres limites. Vous pouvez tout simplement écouter l'enfant car il est possible qu'il souhaite être entendu par une personne de confiance. Vous pouvez lui dire que ce n'est pas de sa faute si cela est arrivé, que ce n'est pas lui le coupable. D'autre part, si l'enfant a de plus grands besoins, vous pouvez lui demander s'il en a déjà parlé à ses parents. Vous pourrez alors mieux savoir vers qui le référer
Pourquoi un enfant victime de violence sexuelle garde-t-il le secret?
Il y a plusieurs raisons qui expliquent que les enfants gardent le secret lorsqu'ils ont vécu de la violence sexuelle. En voici quelques unes : certains enfants croient qu'ils sont fautifs, d'autres sont mal à l'aise de parler de sexualité ou encore certains ne savent pas que les gestes vécus sont inadéquats. D'autre part, certains agresseurs utilisent la menace afin de forcer l'enfant à se taire. Finalement, certains enfants pensent qu'on ne les croira pas ou veulent éviter de briser la famille.
Les enfants qui manifestent des comportements sexuels problématiques ont tous une histoire de victimisation sexuelle. VRAI ou FAUX?
Faux. Les enfants manifestant des comportements sexuels problématiques (CSP) sont âgés de 12 ans et moins et ils initient des comportements impliquant des parties sexuelles du corps (ex. parties génitales, anus, fesses, seins) qui sont inappropriés sur le plan développemental ou potentiellement néfastes pour eux-mêmes ou pour les autres. Alors que les premiers modèles théoriques (modèles du trauma) ont tenté d'expliquer l'origine de ces comportements en mettant l'accent sur le rôle prédominant, sinon unique, de l'abus sexuel, de multiples études ont permis d'affirmer que:

- des histoires d'abus sexuels ont été identifiées chez des proportions relativement élevées d'enfants présentant des CSP, mais plusieurs de ces enfants sont également sans histoire d'abus sexuel;
- les enfants qui ont été abusés sexuellement sont plus susceptibles de manifester des CSP que les enfants n'ayant pas ce genre d'histoire; toutefois, la majorité ne développe pas ce type de comportement;
- les enfants d'âge préscolaire manifestant des CSP présenteraient des taux d'abus physiques et d'exposition à la violence conjugale supérieurs aux taux d'abus sexuels.

Bien que la victimisation sexuelle puisse s'avérer une source d'influence majeure dans certains cas, il apparaît probable que le développement des CSP implique des trajectoires complexes et multiples et non pas une trajectoire unique, simple et déterministe. En ce sens, les théories de l'apprentissage social et des systèmes familiaux soutiennent que la présence des CSP chez les enfants s'explique par des déterminants similaires à ceux d'autres problèmes de comportement extériorisés (ex. trouble des conduites, personnalité antisociale), c'est-à-dire qu'ils impliqueraient également l'influence de facteurs comme des modèles parentaux et familiaux dysfonctionnels et l'influence particulière d'un environnement sexualisé. Source: Centre de recherche JEFAR sur l'adaptation des jeunes et des familles à risque (www.jefar.ulaval.ca)
La participation des familles à un programme d'entraînement aux habiletés parentales est un moyen efficace pour modifier les comportements des enfants atteints d'un TDA/H même lorsque ceux-ci ont une médication bien contrôlée. Vrai ou faux?
Vrai. Les programmes d'entraînement aux habiletés parentales (PEHP) sont reconnus comme un traitement efficace auprès des familles ayant un enfant atteint du trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité (TDA/H), que ce dernier prenne une médication ou non. L'objectif principal des PEHP est d'aider les parents à mieux gérer les comportements appropriés et inappropriés de leur enfant dans le but d'améliorer la qualité de la relation parent-enfant. Les PEHP visent principalement l'utilisation efficace, cohérente et constante dans le temps de techniques diverses telles que les félicitations, l'attention positive et sélective, le renforcement, les programmes de récompenses, l'ignorance, le retrait, le retrait de privilèges, les conséquences naturelles et logiques.

La médication est une méthode efficace pour contrôler les symptômes du TDA/H (inattention, hyperactivité et impulsivité) chez la majorité des enfants. Toutefois, les changements sont limités à ces symptomes. Les études ont démontré qu'une intervention qui combine la médication et un traitement comportemental (tels les PEHP) permettent des changements multiples chez ces enfants. Cette combinaison permet, entre autres, de contrôler les symptômes du TDA/H ainsi que d'améliorer les habiletés sociales des enfants et la relation parent-enfant. Source: Centre de recherche JEFAR sur l'adaptation des jeunes et des familles à risque